Au hameau du Minié-Bas, au fond de la boralde, en-dessous de Verlac, on peut encore voir un moulin rouergat à rodet.
Le moulin à rodet est une particularité
locale. A ma connaissance, on n'en trouve que dans la région (mais vous pouvez me si vous connaissez un contre-exemple).
Il s'agit d'un moulin à axe vertical. Le plan ci-contre, extrait de
l'ouvrage "Le Roudet" qui figure dans la bibliographie, présente le principe du
système. On voit, de bas en haut :
la Granouillé (Grenouille) qui est la pierre
creuse dans laquelle repose l'axe du moulin.
la Gulho (Aiguille), pièce métallique fixé
en bas de l'axe en bois et qui repose dans la Grenouille.
l'Aouré (Arbre) en bois.
la Coupo (Cuillère) qui est la roue destinée
à recevoir le jet d'eau qui arrive du côté droit par le Canélou (Canon), lequel peut
être fermé par le Paro (Vanne).
La moitié inférieure du mécanisme est "humide". Vous le verrez sur les images
du moulin du Minié-Bas.
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La moitié supérieure, en revanche, est sèche. C'est là que
s'effectue le travail à proprement parler.
Au bout de l'arbre, on trouve l'Ays (Essieu).
Il est planté dans l'axe de l'arbre et transmet l'énergie à la meule tournante (Moro
dé dessus) qui court au-dessus de la meule gisante (Moro dé détzoust).
Je ne vous détaille pas les petites pièces
qui assurent l'étanchéité autour de l'axe. Comprenez simplement que le grain (ou ce qui
est à moudre, tant ces moulins ont moulu un peu de tout) arrive par la trémie (Papiolo)
située au-dessus de l'ensemble, et est injecté, grâce au babillard (lou Tsabalou) qui
fait vibrer l'auge (la Basseto) au centre de la meule. A partir de là, il est éjecté à
l'extérieur des meules par le simple mouvement de rotation.
C'est là qu'il est récupéré. Les meules
sont en effet enfermées dans une boîte en bois étanche, de forme octogonale, qu'on
appelle archure (Lou Rus). Cette boîte retient la farine et la laisse sortir en un seul
point, pour permettre le remplissage des sacs et autres récipients.
Il existe plusieurs façons de concevoir la cuillère, c'est à dire la turbine qui
reçoit le jet d'eau au fond du moulin. Au moulin de la rouquette, les restaurateurs, en
s'aidant du plan qui figure ci-dessous, on dessiné, des pales dans des planches
différentes. La cuillère du moulin du Minié-Bas est plus authentique. Vous la verrez
plus bas.
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Au Minié-Bas, la cuillère est faite de pales sculptées dans la masse
du bois. Elles sont assemblées de la même façon, pour former la roue complète.
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Si vous vous intéressez un tant soit peu à la technique,
allez visiter un moulin à rodet, vous serez forcément passionné !
Quittons maintenant la partie humide du mécanisme, et remontons à l'étage supérieur,
dans la partie sèche : vous pourrez y voir ce splendide ensemble constitué de la meule
gisante (dessous) et de la meule tournante (dessus, cerclée de fer, avec en son centre
l'ouverture qui permet, d'une part, de faire passer l'aiguille et d'autre part d'injecter
le grain à moudre.
La roue en bois que vous distinguez au-dessus de la meule fait partie d'un
perfectionnement supplémentaire : par un système de renvoi d'angles et de courroies, la
roue principale actionnait en même temps un moulin à huile, et même, à une époque,
une génératrice électrique. Mais chut, ne le dites pas à ,
ils risqueraient d'être jaloux !
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