Une fois, ie loup
n'avait pas mangé depuis trois ou quatre jours et il cherchait à
manger; il trouva le renard et il lui dit :
- Tu ne sais pas où il y aurait un bon festin à faire,
ce soir ?
Le renard lui répondit
- Oh ! Là-bas chez le père Antoine, il y a un poulailler,
où il y a une quinzaine de poules et un beau coq. Là,
nous pourrions faire notre affaire.
Eh bien, alors, ils partirent tous deux; quand ils arrivèrent
là-bas, il y avait une petite fenêtre - pas bien grande -,
mais on pouvait bien passer quand-mème, le renard passait bien.
Alors il dit au loup :
- Toi, tu vas rester là, tu veilleras à ce que le père
Antoine ne vienne pas pendant que je saigne les poules.
Et le renard entra dans le poulailler. Il y tua cinq ou six poules,
il les saigna, pardi, même il eut vite fait. Il en mangea une;
mais il se dit : il ne me faut pas trop manger parce qu'après, je
ne pourrais pas passer par le trou. Et il sortit.
- C'est ton tour, maintenant. Vas-y, moi je vais veiller... je
vais attendre en cas que le père Antoine vienne; et puis quand je
t'appellerai, tu sortiras surtout.
Alors le loup, affamé, quand il rentra là-dedans, commença
par manger toutes celles qui étaient saignées, et il n'en
avait pas encore assez : il en saigna d'autres encore. Mais c'est
que les poules se mirent à crier ! Et le père Antoine se
réveilla ! Et le renard cria
- Hé ! sauve-toi, le père Antoine arrive !
Alors le renard
se sauva, lui, qui était leste et qui était déjà
sorti du trou. Mais c'est que le loup passa bien la tête par
la lucarne, mais il ne put pas passer le reste. Et le père
Antoine arrive avec la trique; et à coups de trique, voilà
qu'il l'a assommé ! Il a tué mon pauvre loup, et c'est fini.
Conté par M. Ernest Valadier, Le Manuel, commune de
La Trinitat, Cantal, le 4 juillet 1965.
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